L'entourage

 Prise en charge du malade bipolaire et rôle de l'entourage selon le Dr Christian Gay, psychiatre spécialiste des troubles bipolaires :

" La prise en charge de la personne souffrant de troubles bipolaires comprend trois pôles, médicamenteux, psychothérapique et éducationnel. Le plus souvent ces approches sont intriquées. Il est très réducteur de penser que seuls, les médicaments ou la psychothérapie, pourront arriver à bout de cette maladie. Chaque approche a sa place et il important de ne pas sous estimer la psychothérapie. Ces approches sont complémentaires, ce qui ne peut que contribuer à améliorer le résultat thérapeutique.
En quoi l'entourage peut-il être utile
Les poches du malade sont en quelque sorte des aidants pour lui, des aidants qui se doivent de s'informer pour accompagner. Il très fragilisant d'aider une personne atteinte de troubles bipolaires. Il faut donc se faire aider si on veut être d'une quelconque utilité. Il faut partir du principe qu'il faut se porter bien pour aider quelqu'un qui ne l'est pas à le devenir et cela passe par prendre soin de soi."

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui vient d'être diagnostiquée ?

 Quels conseils donneriez-vous à une personne qui vient d'être diagnostiquée ?

« Bien suivre son traitement quel que soit son ressenti, de voir régulièrement son psychiatre et de lire sur le sujet pour mieux comprendre ce qui lui arrive » explique Philippe.
« Les conseils à donner, c'est de l’accepter ( ce qui est le plus difficile), de suivre son traitement même quand on va mieux, ne jamais l'arrêter, en parler avec sa famille et ses amis proches, qu'ils puissent détecter les signes d'un début de phase. » annote Loïc, avant de rajouter « Prends bien ton traitement, trouve-toi des garde-fous, fais des choses que tu aimes, vois bien ton psychiatre régulièrement, tu peux te faire aider par une psychologue. »
Cécilia, elle, à deux conseils à donner : « avoir une hygiène de vie irréprochable et accepter la maladie. Ne pas baisser les bras et bien s’entourer. »
« Pour une personne qui vient d'être diagnostiquée, je lui dirais que ce trouble n'empêche pas le bonheur. Souvent, on pense que notre vie est foutue quand le diag est posé. De mon côté par exemple, le diagnostic a été difficile à accepter au départ. Il y a eu une phase de déni ou je me refusais de prendre les traitements. Après quelques hospitalisations rapprochées et la prise de conscience du risque et un suivi psy adapté, j'ai appris à être en paix avec le trouble, à en faire un compagnon de route plutôt qu'un ennemi. Cet état d'esprit change tout dans l'appréhension du trouble. J'ai également décidé de ne plus me mentir à moi-même et à mon entourage. Cela a été libérateur d'annoncer ouvertement et sans barrières ma maladie à mes proches. C'est aussi se détacher des potentielles réactions de l'extérieur : "Mais alors tu es folle ?" c'est aussi ce que l'on peut entendre ! Nous ne sommes pas responsables de la vision de l'autre. Si on est en paix avec notre propre vision du monde, les paroles des autres ne sont pas vécues comme une attaque, mais plutôt comme
de la méconnaissance. C'est justement l'occasion d’expliquer."

LES MÉDICAMENT ET LEURS EFFETS

 TRAITEMENTS :

LES MÉDICAMENT ET LEURS EFFETS
Voici les thérapeutiques médicamenteuses que l'on retrouve en partie dans le traitement des troubles bipolaires et d'autres pathologies psychiatriques.
La base du traitement pour la bipolarité est le RÉGULATEUR DE L' HUMEUR (thymorégulateur )
En général les médecins, prescrivent le lithium ou le Depakote ( valpromide) qui nécessite moins de surveillance ( fonction hépatique, rénale...). Ce traitement va permettre de limiter le côté montagne russe, il va permettre au patient de stabiliser ( ou du moins d'essayer) son humeur. Le principal effet secondaire est l'ouverture de l'appétit, donc généralement une prise de poids. Et le second, non des moindres des répercussions sur le corps par une altération des fonctions hépatiques, rénales...
En général peuvent être associés, ou indiqués pendant la phase basse un ou plusieurs antidépresseurs. Ils permettent de doper la sécrétion d'hormones du plaisir. Et de sortir le patient ( ou d'essayer, toujours ) de la dépression ( léthargie, idées sombres, perte de motivation,... ). On retrouve des médicaments comme Venlafaxine (effexor), prozac, cymbalta, seroplex, mianserine... comme le thymoregulateur, les effets secondaires peuvent être une prise de poids, mais paradoxalement une perte de poids pour d'autres. Dans le début du traitement il peut y avoir une fatigue importante, une apparition des angoisses, bouffées de chaleur... Ils entraînent également une dépendance, le simple fait d'oublier une prise entraîne vertiges et mal être. Dans tous les cas, ce traitement ne s'arrête jamais brutalement et seul sans un avis médical ( réapparition plus importante des angoisses, risques suicidaires et notamment rechute). Cependant la prise d'antidepresseurs chez la personne bipolaire doit être régulière et contrôlée par le médecin car elle peut entraîner ( paradoxalement), une hypomanie, voire une phase maniaque.
Sont généralement associés aux antidépresseurs, les ANXIOLYTIQUES. Ce sont en quelques sortes des tranquillisants qui apaisent les angoisses, les peurs, aident également à l'endormissement. Les effets secondaires sont une grande fatigue, voire léthargie, difficultés cognitives ( ralentissement de la pensée et des émotions...), vertiges et surtout énorme dépendance. C'est un peu le gros hic des anxyolitiques benzodiazépines.
Dans les phases maniaques assez importantes ou associants des hallucinations ou sortie totale de la réalité, le médecin peut prescrire des neuroleptiques, comme le risperdal par exemple, qui vont être anti délirants, ils vont lutter contre le dérèglement de la pensée. Ceci va ramener le malade à la réalité. Ce traitement entraîne beaucoup d'effets secondaires à noter des troubles moteurs ( tremblements, douleurs musculaires, crispations notamment de la mâchoire...) puis une prise de poids, des modifications métaboliques ( diabète notamment), léthargie, perte d'entrain...
L'effet secondaire le plus important s'appelle le syndrome malin des neuroleptiques qui peut engager le pronostic vital du malade associant fièvre, problèmes musculaires, délires,... * faire le 15 si ces signes apparaissent.
En dernier lieu, on retrouve les somnifères qui permettent de retrouver un sommeil correct tant dans la phase haute que basse. Les somnifères font également partie des benzodiazépines, donc créent une dépendance.
Le bon suivi de ces divers traitements est important, le médecin ne trouvera pas forcément le bon traitement dès le départ, certains médicaments correspondent à certains malades et pas à d'autres. D'où l'importance de bien respecter les posologies et les recommandations du médecin.
A tout ceci, il est nécessaire d'y associer une bonne hygiène de vie, limitation du stress ( autant que faire se peut), équilibre alimentaire ( les intestins sont notre 2ieme cerveau), une activité physique raisonnée et raisonnable.

L'essentiel sur les médicaments utilisés pour la maladie bipolaire

 L'essentiel sur les médicaments utilisés pour la maladie bipolaire

Les médicaments et leurs effets.
Voici les thérapeutiques médicamenteuses que l'on retrouve en partie dans le traitement des troubles bipolaires et d'autres pathologies psychiatriques.
La base du traitement pour la bipolarité est le régulateur d'humeur (thymoregulateur )
En général les médecins prescrivent le lithium ou le Depakote ( valpromide) qui nécessite moins de surveillance ( fonction hépatique, rénale...). Ce traitement va permettre de limiter le côté montagne russe, il va permettre au patient de stabiliser ( ou du moins d'essayer) son humeur. Le principal effet secondaire est l'ouverture de l'appétit, donc généralement une prise de poids. Et le second, non des moindres des répercussions sur le corps par une altération des fonctions hépatiques, rénales...
En général peuvent être associés, ou indiqués pendant la phase basse un ou plusieurs antidépresseurs. Ils permettent de doper la sécrétion d'hormones du plaisir. Et de sortir le patient ( ou d'essayer, toujours ) de la dépression ( léthargie, idées sombres, perte de motivation,... ). On retrouve des médicaments comme Venlafaxine (effexor), prozac, cymbalta, seroplex, mianserine... comme le thymoregulateur, les effets secondaires peuvent être une prise de poids, mais paradoxalement une perte de poids pour d'autres. Dans le début du traitement il peut y avoir une fatigue importante, une apparition des angoisses, bouffées de chaleur... Ils entraînent également une dépendance, le simple fait d'oublier une prise entraîne vertiges et mal être. Dans tous les cas, ce traitement ne s'arrête jamais brutalement et seul sans un avis médical ( réapparition plus importante des angoisses, risques suicidaires et notamment rechute). Cependant la prise d'antidepresseurs chez la personne bipolaire doit être régulière et contrôlée par le médecin car elle peut entraîner ( paradoxalement), une hypomanie, voire une phase maniaque.
Sont généralement associés aux antidépresseurs, les anxiolytiques. Ce sont en quelques sortes des tranquillisants qui apaisent les angoisses, les peurs, aident également à l'endormissement. Les effets secondaires sont une grande fatigue, voire léthargie, difficultés cognitives ( ralentissement de la pensée et des émotions...), vertiges et surtout ENORME DEPENDANCE. C'est un peu le gros hic des anxyolitiques benzodiazépines.
Dans les phases maniaques assez importantes ou associants des hallucinations ou sortie totale de la réalité, le médecin peut prescrire des neuroleptiques, comme le risperdal par exemple, qui vont être anti délirants, ils vont lutter contre le dérèglement de la pensée. Ceci va ramener le malade à la réalité. Ce traitement entraîne beaucoup d'effets secondaires à noter des troubles moteurs ( tremblements, douleurs musculaires, crispations notamment de la mâchoire...) puis une prise de poids, des modifications métaboliques ( diabète notamment), léthargie, perte d'entrain...
L'effet secondaire le plus important s'appelle LE SYNDROME MALIN DES NEUROLEPTIQUES qui peut engager le pronostic vital du malade associant fièvre, problèmes musculaires, délires,... * faire le 15 si ces signes apparaissent.
En dernier lieu, on retrouve les somnifères qui permettent de retrouver un sommeil correct tant dans la phase haute que basse. Les somnifères font également partie des benzodiazépines, donc créent une dépendance.
Le bon suivi de ces divers traitements est important, le médecin ne trouvera pas forcément le bon traitement des le départ, certains médicaments correspondent à certains malades et pas à d'autres. D'où l'importance de bien respecter les posologies et les recommandations du médecin.
A tout ceci, il est nécessaire d'y associer une bonne hygiène de vie, limitation du stress ( autant que faire se peut), équilibre alimentaire ( les intestins sont notre 2ieme cerveau), une activité physique raisonnée et raisonnable ( attention aux effets vertigineux de certains médicaments), des pauses de Pleine Conscience informelle ou formelle.
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TÉMOIGNAGE : Redfield Jamison, née le 22 juin 1946, est une psychologue et essayiste américaine. Elle est l'une des tout premiers experts américain du trouble bipolaire, dont elle souffre elle-même.

 



TÉMOIGNAGE : Redfield Jamison, née le 22 juin 1946, est une psychologue et essayiste américaine. Elle est l'une des tout premiers experts américain du trouble bipolaire, dont elle souffre elle-même.
Extraits de "l'exaltation à la dépression"
"M'en donnerait-on le choix, je me suis souvent demandé si je voudrais être bipolaire. Si l'on ne pouvait pas se procurer de lithium, ou s'il ne me réussissait pas, la réponse serait un non catégorique – sous le coup de la terreur. Mais le lithium agit très bien sur moi, et je peux donc me permettre de poser la question.
Chose étrange, je crois que j'hésiterai sur le fait d'avoir cette maladie.

Ce n'est pas simple. L'accès mélancolique est horrible au-delà de tout ce qu'on peut s'en représenter -mots, sons, images – et je ne voudrais pas en passer de nouveau par une dépression prolongée. Méfiance, manque de confiance en soi et de respect de soi, incapacité de jouir de la vie, de marcher, parler ou penser normalement, épuisement, terreurs nocturnes, terreurs diurnes, tout cela détruit les relations. Il n'y a rien de bon à dire de la dépression si ce n'est qu'elle vous apporte l'expérience d'être vieux et malade, et mourant. D'être lent d'esprit, de manquer de grâce, d'élégance et de coordination. D'être laid, de ne pas croire un instant aux possibilités de la vie, aux plaisirs du sexe, au ravissement de la musique, à votre aptitude à rire et à faire rire les autres.

Les autres laissent entendre qu'ils savent ce que c'est d'être déprimé parce qu'ils ont rompu avec quelqu'un, divorcé, ou perdu leur emploi. Mais ces expériences-là sont riches d'émotions et de sentiments.
La dépression, elle est terne, vide, intolérable. Et assommante. Les gens n'ont pas le courage de rester près de vous. Ils pensent qu'ils le devraient, ils leur arrivent même d'essayer. Mais vous savez, ils savent que vous êtes ennuyeux à périr – irritable, paranoïaque, dépourvu d'humour, éteint, critique, exigeant. Ils ont beau dire et faire, ils ne parviennent jamais à vous rassurer, à vous réconforter. Vous avez peur et vous leur faites peur. Vous n'êtes plus du tout vous-même mais vous le redeviendrez bientôt, et vous êtes bien sûr que ce ne sera pas le cas.

Alors, pourquoi voudrais je être concernée de près ou de loin par cette maladie ? Parce que je crois honnêtement que je lui dois d'avoir éprouvé plus de choses, plus profondément. D'avoir eu plus d'expériences, plus intenses. D'avoir aimé davantage et d'avoir été plus aimé. De rire plus souvent pour avoir plus pleuré. De mieux apprécier le printemps au sortir de l'hiver. D'avoir porté la mort aussi étroitement qu'une salopette, et d'en avoir mieux conscience- comme de la vie. De connaître le meilleur et le plus détestable des êtres. D'avoir appris lentement la valeur de l'affection, de la bienveillance, de la sincérité. De savoir ce que c'est d'être là dans les coups durs.

J'ai pris la mesure de mon esprit et de mon cœur, vu combien tous deux sont fragiles, et demeurent si mystérieux. Déprimé, je me suis traîné à quatre pattes pour traverser une pièce, et ce la pendant des semaines. Mais normale ou maniaque, j'ai couru plus vite, pensé plus vite, aimé plus fort que la plupart des gens que je connais. Et je pense que cela tient pour beaucoup à la maladie – à l'intensité qu'elle donne aux choses, à la perspective qu'elle m'impose. Je crois qu'elle m'a fait toucher les limites de mon intelligence qui ne sait pas toujours ce qu'elle veut, et les limites de mon éducation, de ma famille, de mon instruction. Les limites de mes amis.

Mes innombrables manies modérées, et les manies franches elles-mêmes, m'ont toutes apporté un supplément de perception, d'émotion, et de réflexion. Même quand j'étais le plus effroyablement psychotique – délirant, halluciné, forcené – j'avais conscience de découvrir de nouveaux espaces de mon cœur et de mon esprit. Certains ce ces aspects inconnus de moi-même étaient beaux à couper le souffle, à vous tuer sur le coup – moi, ils m'aidaient à vivre. D'autres étaient grotesques et laids, j'aurais préféré ne pas les connaître et ne jamais les revoir. Mais, toujours, il y avait cette découverte de moi-même et, dans mon état normal, que je dois à la médecine et à l'amour, je ne peux pas imaginer devenir blasé de la vie, parce que je connais ces échappées inépuisables.

Il y a une souffrance, une jubilation, une solitude et une terreur propres à la folie bipolaire. Dans ces envolées, c'est fantastique. Les idées et les émotions fusent à la vitesse des étoiles filantes. Et puis soudain tout change. La lucidité fait place à une confusion accablante...., on devient irritable, mauvais, craintif, insupportable, totalement égaré dans les plus sombres cavernes de l'esprit. Et cela n'a pas de fin, la folie creusant elle-même sa propre demeure.

Je ne suis pas toujours certain qu'une vie simple et tranquille m'aurait convenu, mais ça ne m'empêche pas d'en rêver........."
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7 clefs pour soigner les troubles bipolaires : témoignages

  Témoignage sous forme de clefs

"7 clés pour soigner le trouble bipolaire

1- Prendre conscience. Généralement, c’est un diagnostique posé qui permet la prise de conscience de notre trouble. Il est important de recevoir le diagnostique non pas comme une sentence tragique mais comme une aide. Le diagnostique ne nous invente pas une maladie mais révèle un trouble présent depuis longtemps et qui est plus que jamais nécessaire d’être traité. Le plus difficile est de reconnaître que quelque chose en nous ne va pas, ne plus subir inconsciemment ses problèmes. C’est donc la première étape : accepter.


2- Trouver son psychiatre et le bon traitement. Avoir une relation de confiance avec son psychiatre est déterminant dans le soin de notre trouble. Il ne faut pas hésiter à changer jusqu’à trouver chaussure à son pied. Parce que c’est de la qualité de la relation entre patient et psychiatre que va découler le traitement le plus adapté. Bien qu’il y ai des médicaments reconnus efficaces généralement pour se stabiliser comme le Lithium, le Lamictal et le Xeroquel, il n’existe pas de formules miracles universelles. Chacun réagit différemment à ces différents soutiens chimiques. Certaines molécules seront plus ou moins bien reçues par chacun, et des mêmes doses n’ont pas le même impact sur différentes personnes. Il faut du temps et une bonne communication avec son psychiatre pour trouver le traitement qui stabilise au mieux et qui engendre le moins d’effets secondaires. Aussi, l’acceptation de prendre un traitement est déterminant pour soigner sa bipolarité. Certes, cela peut paraître « malsain » d’ingurgiter ces poisons qui font les choux gras des laboratoires, mais malheureusement on a pas encore trouvé mieux pour soigner des états de crises ou de dépressions. Avoir confiance en son traitement est un signal très positif envoyé pour un futur meilleur. Cependant le traitement ne suffit pas pour s’en sortir. Il faut mettre des moyens thérapeutiques supplémentaires pour qu’avec le temps, ils puissent petit à petit se substituer à la camisole chimique et pourquoi pas à long terme mettre fin au traitement, tout cela en collaboration avec son psychiatre.


3- Psychoéducation et thérapies. Être suivi par un psychiatre et prendre son traitement est la base du soin mais s’il on veut s’en sortir ça ne suffit pas. Ce n’est que la partie immergée de l’iceberg, pour se soigner en profondeur, une introspection est nécessaire. La psychoéducation donne des outils pour comprendre ce qu’est la bipolarité et pour identifier l’impact que ce trouble a dans notre vie. La psychoéducation permet de prendre un recul sur son trouble, de se placer en observateur des différentes périodes malades et trouver des indicateurs qui peuvent nous alerter sur nos humeurs (ex : la durée du sommeil).
La thérapie cognitivo comportementale (TCC) est une arme très efficace pour démêler nos émotions. La bipolarité s’apparente souvent à une gestion compliquée de nos émotions. Comprendre comment fonctionnent nos schémas « situation-émotion-pensée-comportement » permet de dénouer le flou artistique qui nous habite et acquérir de la maîtrise là où l’on subissait inconsciemment…


4- S’exprimer. Si les thérapies ne sont pas envisageables pour quelconques raisons, il faut du moins s’exprimer. C’est une nécessité. Un état de crise -maniaque ou dépressive- est l’effet d’une longue période d’accumulation de stress, d’anxiété qui n’ont pas pu être exprimé. Comme une cocotte minute, si l’on accumule la pression sans la libérer d’une manière ou d’une autre, on explose. Alors il faut s’exprimer, à un psy, à un proche, à un inconnu, sur un papier, sur une toile, avec des notes, du sport, du théâtre, à une étoile, etc. Tout les moyens sont bons et il est très conseillé de les cumuler. S’exprimer c’est sortir de l’isolement, « cracher son mal » via divers moyen, c’est s’extirper de sa souffrance imaginaire, c’est réaliser pour ensuite relativiser. Rencontrer et échanger lors de groupes de paroles étant le must dans cette discipline.


5- Prendre soin de soi. Plus sensibles que la normale, nous devons prendre plus soin de nous que la normale. Prendre soin de soi physiquement : attention à son sommeil, son alimentation (limiter produits toxiques, alcools), prendre l’air-le soleil ! Prendre soin de soi psychiquement : attention aux environnements aux gens qui nous provoquent du stress. Notre hypersensibilité qui a engendré bien des fragilités nous demande d’être bienveillant à notre égard. L’auto-culpabilité et l’auto-jugement sont bien souvent ce qui gangrènent un trouble.


6 – S’informer, s’ouvrir. A la différence des générations précédentes qui ont eu bien du mal à se soigner, nous avons la chance d’avoir un accès illimité à l’information. Internet et les librairies sont des réelles richesses et regorgent d’outils et de connaissances pour s’armer, pour comprendre, pour aller plus loin.
Il ne faut pas hésiter à s’ouvrir au savoir médical des autres cultures. Bouddhistes, Amérindiens, etc. ont depuis des siècles entretenues des sagesses ancestrales qui peuvent nous être insoupçonnable-ment très utiles. Je pense aux bien-faits de la méditation par exemple. Il faut être ouvert à l’Autre.


7- Cultiver l’espoir. Je terminerai par la clé qui transcende toutes les autres. Pour soigner sa bipolarité et pourquoi pas s’en sauver, il faut se bâtir un état d’esprit optimiste. Le chemin pour comprendre son trouble est le même chemin que la connaissance de soi, du développement personnel. Sur ce chemin nous rencontrons nos peurs cachés, nos craintes, nos blessures les plus profondes ; ce sont ces épreuves que nous devons affronter pour dépasser nos souffrances. En prenant cette direction, notre trouble évoluera, les périodes de crises seront moins longues, moins fortes mais ils ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Alors il faut s’armer d’espoir et de patience pour cette longue traversée faite de vagues et tempêtes. Lorsqu’on accepte ce combat, le meilleur est toujours à venir. Il n’y a pas de fatalité.
J’ai mis en œuvre ces moyens que j’expose ici, et je vais mieux, oh beaucoup mieux ! Les grandes vagues du passé sont aujourd’hui des vaguelettes, il y a même des situations que je gère mieux qu’une personne dite « normale ». Car en soignant mes troubles, j’ai acquis une certaine sérénité là ou des personnes dite « normale » sont troublés « raisonnablement ». Sur ce chemin de compréhension de ma bipolarité, je vais à la rencontre de moi-même et j’ai la prétention d’écrire que j’ai aujourd’hui une meilleure conscience de moi-même et du monde que les gens « normaux » qui n’ont pas fait ce travail.
Avec le recul, ce diagnostique a été une chance, car la personne que je suis aujourd’hui est en meilleure santé que la personne que j’étais avant le diagnostique. Ironie du sort hein !
Cela n’est pas encore prouvé par les médecins, cependant je l’affirme : on peut se rétablir de la bipolarité. J’y tends. Et mon témoignage en sera la preuve.
Patience et espoir.

Témoignage sur les signes de la manie

 



Témoignage sur les signes de la manie


" Personnellement, avant d'entrer dans un désastre mental à part entière, ce sont les petits signes avant-coureurs que je me dirige de travers. Je suis sûr que toute personne atteinte de trouble bipolaire a ses propres petites lumières clignotantes (qu'elle y adhère ou non), mais ce sont mes cinq signes de catastrophe en attente.
La plupart des gens connaissent, ou du moins ont entendu parler, de certaines des principales caractéristiques d'une personne aux prises avec des épisodes maniaques - les pensées impétueuses, la rage et l'instabilité de l'humeur, l' hypersexualité et les idées suicidaires, pour n'en nommer que quelques-unes. Mais il y a toutes les petites choses – les petites luttes avant les cataclysmiques.
Personnellement, avant d'entrer dans un désastre mental à part entière, ce sont les petits signes avant-coureurs que je ressens. Je suis sûr que toute personne atteinte de trouble bipolaire a ses propres petites lumières clignotantes (qu'elle y adhère ou non), mais ce sont mes cinq signes de catastrophe en attente.

1. Dépenser des folies
Une bizarrerie pour certains, c'est une catastrophe pour moi.
Quand mon esprit va mal, je vais acheter des billets d'avion de dernière minute pour ma prochaine grande aventure dans le Sud, aller en ligne et acheter deux cocottes Le Creuset… vous savez, juste parce qu'ils ont mes deux couleurs préférées.
Je vais à l'épicerie et j'achète la nourriture d'un restaurant pour la semaine, sans oublier les produits non alimentaires. J'ai vraiment besoin de ce nouveau lave-vaisselle et de l'aspirateur haut de gamme.
Remarquez, je ne peux rien me permettre. Mais peu importe. Heureusement, je conserve les reçus et Alaska Airlines a une politique d'annulation de 24 heures.


2. Adopter des animaux de compagnie
Cela ne sonne pas mal. Je veux dire qui n'aime pas les animaux ?
Mais, il doit y avoir une limite, car la nourriture pour animaux de compagnie, les visites chez le vétérinaire, les médicaments contre les puces et les produits de première nécessité s'additionnent rapidement.
L'envie d'héberger tous les animaux du monde est palpable. À un moment donné, j'ai adopté trois chatons en deux jours, ce qui porte notre total à cinq chats. Nous avions déjà des chèvres et des chiens, et bien sûr des poulets (parfois ils comptent comme animaux de compagnie).


3. Troubles de l'élocution.
Je serai au milieu d'un dîner ou d'une conversation avec un ami et je commencerai à brouiller les mots ou à trébucher sur mes histoires.
Je ne peux pas parler aussi vite que je pense. Parfois, les choses que je dis n'ont pas de sens parce que mon esprit a sauté quelques étapes et que ma langue essaie de les remplir.


4. Mémoire et concentration
C'est également courant avec mes épisodes dépressifs. Lorsque mon esprit est déséquilibré, ma mémoire et ma concentration s'évaporent.
Je vais aller en ville faire quelques courses et faire le plein d'essence, mais je ne me souviens plus de ma liste de courses et je rentre chez moi sans faire le plein. J'entre et je sors des pièces en essayant de me rappeler pourquoi j'y suis entré en premier lieu. Cela s'aggrave lorsque je ne peux pas suivre les indications de la carte ou lorsque les endroits que je visite fréquemment me semblent étranges.


5. Bonnes idées
Tous. Chaque dernière idée que j'ai est géniale. Qu'il s'agisse d'ajouter un ajout de m2 carrés à notre maison, de changer d'emploi sur un coup de tête, de déménager dans le Colorado et d'acheter une cabane dans le Montana.
Tous. Génial! Sauf qu'ils ne le sont pas, à ce moment-là ou tout à la fois. Qui veut être dissuadé d'une bonne idée ?


Comment rester sous contrôle ?
Ralentissez . Je ne peux pas insister sur ce point. La manie bipolaire et l'hypomanie sont rapides, rapides, rapides. Tout est urgent et immédiat.
Mon entraîneur de course à pied m'a dit un jour : "Quand tu te sens pressé, ralentis." Ça marche. Maintenant, cela ne veut pas dire que j'attrape toujours les signes. Mais, avec le temps, je suis arrivé au point où je fais plus attention à ces petits avertisseurs de fumée au lieu d'attendre que toute la maison soit en feu.
Je dois ralentir et réfléchir, ralentir et me vérifier, ralentir et demander des conseils extérieurs. Il est incroyablement difficile de douter de mon propre esprit ; encore plus difficile d'admettre que je suis trop zélé dans mes actions ou mes pensées.
Mais il est normal de se tromper et de prendre du recul.
Cela demande de la pratique. Je connais maintenant mes signes avant-coureurs et, avec le temps, j'ai appris à voir les étincelles avant le feu de forêt.
Généralement, lorsque je commence à ressentir cette brûlure, j'appelle mon psychiatre, je travaille sur mon sommeil et je deviens encore plus diligente dans ma routine quotidienne.
La seule raison pour laquelle je tiens compte de mes signes avant-coureurs est que je sais ce qui m'attend si je ne le fais pas. Ma vie s'est enflammée à cause de cette folie incontrôlable et je ne veux plus jamais que cela se reproduise.
De manière réaliste, je ne serai pas toujours capable de me tenir à l'écart du feu hypomaniaque à chaque fois - le trouble bipolaire n'est pas ce genre. Même si j'espère y arriver un jour.
Mais si j'écoute les cloches d'avertissement, je peux contrôler les flammes de la manie - qui est ma plus grande peur de toutes."








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